L’Association égyptienne des Nations Unies a organisé un colloque sous le titre “Répercussions de la crise du Barrage éthiopien Annahda”. Nombre d’experts et d’analystes y ont pris part. Ils ont affirmé que la sécurité hydraulique de l’Egypte est une question de sécurité nationale. Selon eux, l’Egypte a réussi à faire de la crise du Barrage éthiopien une question internationale notamment depuis le discours du Président Abdel Fattah Al-Sissi devant la dernière réunion de l’Assemblée générale de l’ONU.
Au début du colloque, le PDG de l’Association, l’ambassadeur Ezzat Al-Béheiri, a affirmé que le Nil est la source de vie en Egypte. “L’Egypte partage l’eau du Nil avec onze autres pays du Bassin. Pourtant, ces pays ne partagent pas l’eau du Nil de façon égale. L’Ethiopie n’a besoin que de 1% des eaux du Nil; le Kenya a besoin de 2%; la Tanzanie n’a besoin que de 3%; le Congo 1%; le Burundi 5%, et le Soudan 15%”, a précisé l’ambassadeur. Ces pays ne dépendent pas seulement de l’eau du Nil. L’Egypte est le seul pays qui dépend de façon totale du Nil comme source d’eau.
Al-Béheiri a parlé en détail de l’Histoire des relations entre les pays du Bassin du Nil. Il a souligné qu’à l’époque moderne, la sécurité hydrique est devenue parmi les questions les plus importantes liées à la sécurité nationale.
Au cours du colloque, le chef du département de droit international de la faculté de droit de l’Université du Caire, Mohamed Sameh Amr, a affirmé que le droit international établit des règles permettant de traiter l’utilisation commune des fleuves internationaux. Il a souligné que toutes les règles du droit international soutiennent la position de l’Egypte sur la question du Barrage éthiopien de la Renaissance.
Il a indiqué que l’Egypte a mené de nombreuses négociations qui avaient abouti à des accords importants, jouissant d’une institution diplomatique de renommée internationale, d’Ecoles de droit connues et d’hommes capables de préserver ses droits.
Amr a souligné que l’Egypte tient toujours à réaliser le développement sur le continent africain et réfléchit aux solutions politiques et juridiques et à éviter les conflits.
Le professeur de droit a également souligné la nécessité pour le peuple égyptien de s’unir derrière les plus hautes autorités et de les soutenir dans tous ses efforts pour parvenir à un accord.
De son côté, le membre du bureau consultatif du Centre égyptien de réflexion et d'études stratégiques, Mohamed Ibrahim, a souligné la nécessité que le peuple égyptien s’unisse derrière ses dirigeants dans la question du Barrage Annahda.
L’Egypte a adopté une approche politique négociée et légale dans cette crise, a rappelé Ibrahim, soulignant que l’Egypte respecte également le droit de l’Ethiopie de réaliser un développement économique, mais sans porter atteinte aux droits hydriques historiques de l’Egypte.
Les négociations, depuis novembre 2011, étaient caractérisées par la participation d’experts internationaux ainsi que de négociateurs et d’experts de l’Egypte, du Soudan et de l’Ethiopie. L’Egypte a soumis plusieurs propositions pour résoudre la crise, mais l’Ethiopie n’a fait preuve d’aucune flexibilité dans ses négociations, a-t-il ajouté.